by an NGO worker
Introduction
Nous croyions plus ou moins connaître le phénomène 'Humana / DAPP / Tvind' ...(1)
Depuis la série de 7 articles en octobre et novembre 1989 dans 'Le Soir', sans doute une des premières enquêtes en dehors de la Scandinavie mettant à jour l'ensemble du groupe Tvind, à partir des activités d'Humana en Belgique.
Depuis les quelques rares rapports officiels, en particulier celui du bureau Interconsult (parfois appelé 'rapport Valdelin') sur UFF Suède, à la demande de SIDA (Agence suédoise pour le développement) de décembre 1990 et suite auquel SIDA arrêtait son cofinancement à UFF.
Et puis, il y avait eu des dizaines d'articles dans la presse européenne.
C'était perdre de vue que des journalistes répercutaient souvent les conclusions de confrères dans d'autres média, sans apporter pour autant des arguments nouveaux. C'était oublier que nous ne connaissions peu les perceptions et analyses scandinaves. Or, il s'agit d'un vrai phénomène de société au Danemark (2) et fort présent à travers la Suède, la Norvège et - en moindre mesure - la Finlande. Si nous l'avons généralement approché par le côté 'Humana' (et les vêtements de seconde main), pour aboutir à 'Tvind', les Scandinaves connaissaient avant tout 'Tvind' et découvrent 'Humana'.
La meilleure contribution récente et documentée sur ce phénomène dans son ensemble, nous vient d'Allemagne. (3) Deux journalistes ont écrit 500 pages sur les 'psycho-sectes', en consacrant plus de 60 pages à l'empire Tvind (4), basées sur la compilation de publications existantes, de vérifications sur le terrain, d'interviews et autres témoignages.
Il s'agit donc d'un empire mondial, complexe mais intégré ou - n'ayons pas peur des mots - d'une secte 'non religieuse' (5) , s'articulant officiellement autour de 3 grands secteurs d'activités :
- l'éducation et l'enseignement, essentiellement - mais pas uniquement - en Scandinavie (Tvind) (6);
- des programmes, dit 'de développement', dans le tiers monde et dans l'Europe de l'Est (UFF/DAPP), et
- la collecte et le commerce de vêtements de seconde main (Humana).
Dans les faits, les cloisons entre ces trois secteurs et organisations ne sont pas étanches. En outre, ce ne sont pas ces trois branches 'non-marchandes' (Tvind, UFF/DAPP et Humana) qui s'occupent des multiples activités et transactions au sein de l'empire, mais pas moins d'une centaine de sociétés ou fondations faisant partie du 'groupe' et établies dans plus de 30 pays, dont des paradis fiscaux (Channel Islands, Grand Cayman,...).
1. La révolution ou bâtir l'homme nouveau
Allons au Zimbabwe. Dans les années 70, comme au Mozambique, en Angola ou encore en Guinée-Bissau, une guerre de libération nationale sous la direction du ZANU de Mugabe, a renversé le régime rhodésien. Mogens Amdi Petersen, ancien enseignant danois et fondateur de Tvind, aurait dessiné, déjà avant la libération, le programme national d'éduc!ation (Educational Plans) du Zimbabwe. DAPP a toujours avoué une grande sympathie pour la lutte des pays de la 'ligne de front' (cfr. 'The Frontline Institute'). Cette présence à côté des révolutionnaires du ZANU, du Frelimo, du MPLA, de la SWAPO (10) ou encore de l'ANC, expliquerait une concentration des programmes DAPP en Afrique australe, le soutien des autorités actuelles à ses activités, ainsi que l'inefficacité des mises-en-garde que certains ont pu formuler ces dernières années.
Il n'est pas clair si Tvind/DAPP a soutenu financièrement ces luttes de libération ou les nouveaux régimes par après, sauf peut-être par la prise en charge de salaires de certains fonctionnaires, travaillant officiellement pour HPP. Il est plus probable que le soutien était d'ordre moral, symbolique ou politique et que, en contrepartie, ce sont les autorités du Mozambique, du Zimbabwe et d'Angola qui contribuent aujourd'hui à la prospérité de HPP, par l'octroi de terres et de concessions, par le payement de bourses de formation (11) ou en fermant l'oeil devant certaines pratiques douteuses...
Petersen a également réussi à établir dans les années 70 une représentation permanente en Corée du Nord. La véracité de ses contacts avec le Sentier Lumineux (Pérou) ou les Khmers Rouges (Kampuchéa) est moins certaine, malgré le discours (12). Mais en tous les cas : le projet Tvind/DAPP s'affichait clairement 'révolutionnaire', d'inspiration marxiste-léniniste. Et probablement qu'il l'était, au début (13).
Mentionnons ici également 'One World Channel', une télévision émettant quelques années à partir de Londres et captable le matin dans certains régions en Belgique sur le canal de TV5. La majorité des programmes était fournie par des pays progressistes 'non-alignés', dont la Yougoslavie, l'Algérie et la Chine... Ce 'projet' était financé par divers Humana, dont la Belgique.
Le fer de lance de ce projet sera l'éducation, la formation de l'homme nouveau.
Le système scolaire Tvind s'est développé depuis les années 70 pour couvrir en fin de compte : l'enseignement primaire, secondaire, supérieur, normal (formation d'enseignants), ainsi que des écoles 'itinérantes' (14). Ces deux dernières semblent suffisamment 'dures' pour que les étudiants les quittent de plus en plus tôt et massivement.
L'enseignement Tvind est efficace et donc fort apprécié en Scandinavie. Le système est également (ou surtout) un lieu de recrutement, de professeurs et d'étudiants, formés à la 'révolution mondiale'. Il est enfin (et surtout) une source de moyens financiers. Par les subsides de l'état pour les bâtiments et le fonctionnement, par les frais payés par de autorités locales pour les jeunes envoyés à Tvind (15) , par les salaires des professeurs.
Par le fait que la pédagogie inclut du travail manuel, le nettoyage, travail en cuisine et jardin... et que les professeurs sont supposés 'polyvalents' et disponibles en permanence, pas mal d'économies sont réalisées par rapport aux écoles traditionnelles (le chiffre de 30% d'économies sur la nourriture est cité).
Par ailleurs, les professeurs (ou en tout cas ceux adhérant au 'Groupe des Professeurs' ) (16) ne touchent pas leurs salaires. Ils sont versés directement dans une caisse commune 'Spareforeningen' (union d'épargne). Un secrétariat central s'occupe des déclarations d'impôt (17) et autres formalités pour les profs, qui reçoivent uniquement de l'argent de poche. L'ensemble de ces pratiques et de l'argent qu'elles génèrent, devraient servir à financer l'extension du réseau, donc à la cause révolutionnaire, à partir de plusieurs Fondations comme 'Faelleseje', 'Estate' ou 'Thomas Brocklebank' (18). Les membres du Groupe des Profs adhèrent donc volontairement à ce détournement (19).
2. Exportation de la révolution : éduquer d'abord, cultiver ensuite.
UFF/DAPP doit exporter la révolution dans le tiers monde. A côté de programmes d'éducation, a priori non-rentables économiquement, se mettent en place des activités agricoles et productrices, elles, génératrices de profits. La plantation de mangues 'Monkey River Estate' à Belize, est - avec ses 5000 ha, dont 2000 seulement en culture - probablement la plus grande d'Amérique latine. Elle a été achetée à un Américain pour 5 à 6 mio de dollars (venant des Iles Caymans) par Soren Hofdahl Sorensen. Ce Danois, habitant sur la propriété à Mango Walk, dirige 2 autres sociétés, établies aux Iles Caymans : 'Tropical Farming Ltd' et 'Tropical Produce Ltd'. 'Cowpen Farms Ltd., une fille de Tropical Farming, avait acquis en 1986 déjà du gouvernement du Belize, une plantation de bananes de 150 ha, vendue après sa faillite à la multinationale Fyffes. Plusieurs centaines de travailleurs, surtout des immigrés du Salvador, du Honduras ou du Guatemala, doivent vivre d'un salaire d'un dollar l'heure et sont soumis aux effets néfastes d'utilisation massive de pesticides. L'or!ganisations syndicale des travailleurs est contrariée. Les plantations sont gérées de telle manière qu'elles génèrent un bénéfice net pour le groupe. Le marché s'est orienté des USA vers l'Europe. HPP et Fyffes ont collaboré pour le développement des pesticides appropriées pour leurs plantations voisines. Humana, y compris en Belgique, a soutenu pendant des années ce 'projet de développement'...
D'autres plantations sont exploitées au Mozambique, au Zimbabwe, en Australie (élevage, fermée depuis), sur les Iles caraïbes St-Vincent et St-Lucia, dans la région de réformes agraires au Portugal (!), etc... Les travailleurs locaux ne sont pas seulement mal payés (20), mais des retenus sur salaires servent à payer un logement ou une école. Parfois des colis de vêtements sont distribués (21). Les ouvriers peuvent acheter des produits (danois) dans une épicerie du propriétaire... Dans tous les cas, des Scandinaves, membres du Groupe des Professeurs, gèrent les affaires sur place, généralement accompagnés, par des tournantes de 6 mois, de 'volontaires' ou 'travailleurs de solidarité', issus de l'une ou l'autre formation au Danemark. Plusieurs témoignages indiquent qu'aussi bien les 'profs' que les 'volontaires' ne sont pas libres de leurs mouvements, notamment par la consignation de leur passeport (22).
Ces programmes 'de développement' n'ont rien en commun avec la majorité des projets d'autres ONG. Les terres appartiennent à DAPP, la gestion également, les profits aussi (23) . Un responsable disait : "Ils n'en sont pas capables, donc nous organisons les affaires pour eux." Un 'autochtone' qui a suivi quelques stages de formation et qui a montré, pendant quelques années, sa loyauté à HPP, peut - en théorie - devenir membre du Groupe des Professeurs et accéder ainsi à un certain niveau de décision et de pouvoir. Cette 'ascension' est présentée par HPP comme une preuve de respect pour la population locale !
Cependant, les résultats d'exploitation s'accumulent. A Grand Cayman ? (24) Probablement, mais sans doute pas directement ou entièrement. Kurt Simonsen écrivait en janvier 1997 dans Extrabladet que 32 mio de dollars ont été transférés en 1996 du Danemark vers la Suisse. Simonsen donne les numéros de comptes et les propriétaires à la Bikuben-Bank (25) Copenhague et de la ABN/Amro-Bank à Zurich. Dans les deux cas il s'agit de compagnies du 'groupe', représentées notamment par Jytte Nielsen, la dirigeante la plus en vue au sein d'Humana en Europe et en Belgique. Des versements importants à date fixe continueraient. Il ne faut donc pas se tromper de l'ampleur de cette entreprise ni de la destination des fonds accumulés : à ce jour HPP serait propriétaire de pas moins de 30 plantations en Amérique latine, dont une plantation d'eucalyptus de 104.000 ha au Brésil, achetée en 1994 à... Shell (!) pour 10 mio de dollars, dont une première tranche de 3,2 mio en liquide.
3. Habiller la révolution : la filière transfrontalière du vêtement
Le développement de Humana, à partir de 1986-1987 dans des pays européens non-scandinaves, ajoute une nouvelle dimension aux activités de HPP : le vêtement (pas nécessairement de seconde main). Par ailleurs, le vêtement crée une nouvelle filière de transferts transfrontaliers de marchandises et de fonds, rendant tout contrôle difficile. La collecte de vêtements de seconde main se faisait déjà dans les pays scandinaves, grâce aux 'conteneurs' d'UFF. La vente s'organisait à la fois dans des magasins et des 'marché aux puces' ('flea market').
Le développement ailleurs en Europe se passe généralement de la même manière : un responsable, membre fiable du Groupe, est envoyé dans un pays avec un capital de départ d'environ 500.000 FB, y fonde une asbl ou équivalent, et démarre les activités, suivi par des 'volontaires'. L'utilisation des 'conteneurs' était relativement révolutionnaire à l'époque pour garantir un succès rapide. Les vêtements proposés en magasin étaient en plus généralement de très bonne qualité, bien présentés et pas chers. De temps à autre, des collections complètes de vêtements neufs étaient en rayon.! On apprendra assez vite que HPP dispose d'une entreprise de fabrication de ces vêtements neufs dans la région de Casablanca au Maroc (26).
On y produit pas uniquement des vêtements. Les fameux 'conteneurs' en bois - remplacés ce dernier temps par des conteneurs en métal - seraient également fabriqués ici.
La friperie n'est pas très rentable : les marges sont faibles et le coût de la main d'oeuvre est relativement élevé. HPP réussit néanmoins à en tirer un profit maximal (27). Pour y arriver, un certain nombre de mécanismes ont été mis en place. D'abord, la main d'oeuvre, surtout dans les centres de tri, est fournie essentiellement par des 'volontaires'. Un professeur 'puni' peut également aboutir un certain temps ici. Ensuite par la facturation interne, un mécanisme qu'on retrouve d'ailleurs à travers l'ensemble du groupe et de toutes les activités. Ainsi, les conteneurs Humana à Londres appartenaient à la compagnie 'Goliath', établi à Jersey et maillon du holding HPP. Humana payait un loyer mensuel de leasing, supérieur à la valeur même du conteneur.
Autre exemple : les vêtements collectés par Humana en Belgique seraient vendus en vrac (en-dessous du prix normal) à Humana Hollande, pour les trier dans son centre à Bunik. Humana Belgique rachèterait du vêtement de première qualità pour ses magasins (au-dessus du prix). Résultat de l'opération : une facture nette en faveur de Humana Hollande et des 'coûts' représentant jusqu'à 80% des dépenses en Belgique. Est-ce que cette transaction est enregistrée dûment là-bas ? Avec ou sans TVA ? En tous les cas : le trafic transfrontalier de factures et d'argent ne facilite pas les contrôles.
Le résultat de ces faux frais est généralement que le compte des résultats d'un Humana national se solde rarement par un énorme boni. En outre, l'affectation d'une somme 'pour soutien aux projets de développement' peut représenter un pourcentage artificiellement élevé par rapport au résultat réel d'exploitation, c'est à dire avant déduction des 'frais'.
Il y a quelques années, une partie de ces affectations étaient attribuées à I.E.C., un sigle que les responsables d'Humana Belgique ne pouvaient clarifier. Il s'agissait de 'International Emergency Centre', une des multiples compagnies du groupe, établie à un endroit inconnu. IEC recevait des subsides des Humana en Europe, avec lesquelles étaient achetées des colis de vêtements (colis d'urgence) auprès d'une autre succursale du groupe. A chaque transaction correspondait une facture, donc un transfert transfrontalier d'argent.
Il est probable que CCTT a repris pendant un certain temps le rôle de l'IEC. CCTT était (28) une entreprise franco-marocaine, établie en France (Paris) avec des comptes Barclays Bank à Paris et à Londres. Le propriétaire de CCTT était 'Dollarforge Ltd.' (Londres), appartenant à son tour à deux autres compagnies dans les Channel Isl. CCTT plaçait des commande auprès de l'entreprise à Casablanca. Le vêtement neuf était transporté jusqu'à Rotterdam et réexpédié de là vers des destinations plus lointaines (en Afrique notamment). Il est fort probable que même le(s) transporteur(s) maritime(s) appartien(nen)t à HPP. La liste connue des compagnies et entreprises de HPP permet de l'affirmer. Ainsi apparaît le nom de 'Transco Shipping Ltd', maillon dans une construction complexe de différentes autres compagnies établies une fois à Guernesey, une autre fois à Hongkong ou encore à Jersey. Derrière ses adresses-boîtes-à-lettres se cachent toujours des fidèles du groupe des professeurs (29).
La créativité de HPP n'a pas de frontières. Avec l'aide d'avocats, on explore les limite!s de la loi et parfois, on va au-delà. Ainsi des contrats d'assurance étaient conclus à Rotterdam auprès d'une compagnie danoise, pour couvrir les exportations de vêtements vers le tiers monde. Des vêtements 'disparaissaient' en route vers l'Angola... et l'assurance payait... Cette fraude, représentant des dizaines de millions de FB, n'a pas trouvé écho dans la presse (30).
3. La tutelle de Commission de Charité
Début 1996, des enquêteurs de la 'Charity Commission' (31) rentrent d'une mission en Zambie et, avant même d'atterrir à Londres, font mettre la comptabilité de Humana sous tutelle d'un réviseur. Il s'avère que les projets en Zambie, subsidiés par Humana, sont déjà financés par d'autres donateurs. Autrement dit : un détournement de l'objectif charitable. Les fonds versés en Zambie seraient en outre récupérés sous formes de salaires fictifs et autres factures au profit de HPP...
Dans un premier temps, les activités de collecte et de vente de vêtement en GB peuvent continuer sous le nom d'Humana et sous l'ancienne direction (danoise), mais les comptes restent bloqués pendant un an. Sont nommés alors 4 administrateurs supplémentaires, à côté des anciens, afin de garder un oeil sur les dépenses. D'autres ONG britanniques - charitables et fiables - sont invitées à soumissionner pour des projets. C'est ainsi que Humana Londres pouvait, dans un dépliant, se vanter de collaborer avec l'UNICEF (32) et CARE, tournant ainsi une mesure de contrôle en sa faveur.
Le Conseil d'Administration se réunissait tous les 3 ou 4 mois. Quel était son pouvoir de contrôle réel sur les activités, encore et toujours gérées par l'ancienne direction ? Un journaliste anglais posait la question si des fonds ne continuaient pas à quitter Humana sans que les administrateurs provisoires en aient connaissance...
Dans un deuxième temps, le nom, les statuts et les organes de gestion et de direction de l'organisation sont modifiés en profondeur, donnant naissance à "Traid" (33). Les bénéfices des activités de récupération sont dorénavant octroyés uniquement à des projets proposés par d'autres ONG que DAPP. L'action efficace de la 'Charity Commission' et la fermeture de deux écoles Tvind pour détournement de fonds publics, signifiaient néanmoins un coup relativement dur pour HPP.
4. Mythes et réalités
'Humana People to People Movement' et 'Tvind' servent donc de couverture pour une structure économique et financière, organisée de manière sectaire.
Comme dans toutes les sectes, il existe des mythes fondateurs. Vingt cinq ans après sa fondation, HPP a enfin rédigé le sien : "The Manifest of the Humana People to People Movement" (34).
Il s'agit d'un document qui mélange poésie, conte, objectifs et méthodes politiques, sous-entendus codifiées et affirmations surprenantes. HPP déclare accepter l'économie du marché, tout en faisant les éloges de la révolution, basée sur un mouvement mondial, fort et quelque peu autarcique. Cette charte fait partie des "outils de formation" pour les candidats-travailleurs de solidarité, mais est probablement avant tout utilisé au sein du groupe des professeurs.
Le Manifest est l'expression 'publique' la plus récente du caractère sectaire d'HPP.
Selon "des observateurs avertis", ce texte porte la griffe d'Amdi Petersen. Or, presse et mythes nous disaient que Petersen est mort ou a disparu depuis 1978. Au sein même de HPP, on dit qu'il était menacé de mort par la CIA. Certains l'auraient vu aux Iles Caymans, un autre en Asie du sud-est, d'autres encore en pleine rue de Copenhague. Le journaliste danois Kurt Simonsen prétend qu'il habite dans une villa, entourée de barbelés, de chiens Rothweilers (35) et de caméras, à la Pleiborgvej 8 à Grindsted au Danemark (36).
Petersen n'est pas mort, mais administrativement il ne mène plus de vie active depuis 20 ans . Il ne signe jamais rien, n'est propriétaire de rien, même si son domicile à Grindsted est dûment enregistré. Il est entouré de quelques fidèles, toutes des femmes, en premier lieu Kirsten Larsen. A travers elles, il continuerait à diriger son empire et mobiliser ses troupes pour la révolution. Autour d'un petit noyau dur de femmes - comme Larsen ou Nielsen - quelques autres fidèles : les Poul Jorgensen, Soren Sorensen, Bjornlund Henning,... Le Groupe des professeurs constitue un cercle plus large et ainsi de suite.
Dans les faits, la structure formelle de HPP, avec ses directeurs d'écoles et autres responsables, est contrôlée par une structure informelle, dirigée directement par Petersen.
Ce petit groupe autour de Petersen gère des milliards (de FB, de DK ou de USD ??? ) (37) et, surtout, les réinvestit, nomme et dénomme des gérants, envoi des jeunes à travers le monde, trompe des donateurs de vêtements, des candidats au travail de solidarité, des autorités nationales et locales, des propriétaires privées, la presse, bref... tout le monde.
Des milliards our la 'bonne cause' ? Non !
'Humana People to People Movement' et 'Tvind' servent de couverture pour une structure économique et financière, organisée de manière sectaire, avec des objectifs qui s'approchent plus de l'utilisation ou du maintien du pouvoir que du soutien au changement des rapports de forces au niveau mondial, ce qu'envisagent généralement les 'vraies' ONG.
(1) DAPP, Development Aid from People to People; en Danois : UFF, Ulandshilfe fra Folk till Folk; aussi ADPP en Portugais. En Amérique du Nord (USA et Canada) le nom de Planet Aid a été adopté.
(2) Le fondateur de Tvind, Mogens Amdi Petersen (° 1939), était une personnalité publique dans les années 70, séduisant toute une génération de la gauche. Les écoles Tvind avaient - et ont toujours - une grande réputation, surtout pour l'efficacité de l'éducation de jeunes en difficultés.
(3) Nordhausen Frank & von Billerbeck Liane, Psycho-Sekten, Die Praktiken der Seelenfänger; Berlin : Links,
sept. 1997.
Imperium der Kleidersammler, Die Humana-Tvind Bewegung. pp. 205 - 266.
(4) Notons la participation de Kurt Simonsen, journaliste danois à "Extrabladed" et un des meilleurs connaisseurs actuels du dossier.
(5) Humana se trouvait d'ailleurs dans la liste annexée au Rapport de la Commission parlementaire belge (1997) et dans le Rapport de la Commission parlementaire en France (1996).
(6) Une cinquantaine d'écoles en 1994 (Danmark, Norvège, GB, USA). Depuis lors, ce chiffre a augmenté par des implantations en Angola, Mozambique et - bientôt - en
Malaisie.
(7) The Federation for the Pan-European Benevolent Organisations of UFF and Humana.
(8) Rappelons que Humana Belgique a toujours nié ses relations avec DAPP et continue à nier ses relations avec Tvind.
Et si les collaborations sont avouées, on insiste sur l'indépendance de chaque
organisation.
(9) Selon certains observateurs afin de se mettre ainsi à l'abri de la justice
danoise.
(10) Sam Nyoma a été reçu en 1979 avec les honneurs d'un chef d'état à Tvind.
(11) Les écoles et centres de formation au Danmark accueillent chaque année des étudiants du tiers monde.
(12) La maison d'édition de Tvind 'Skipper Klement' publiait en 1982 le rapport de voyage à Pol Pot de Mikael Norling, cadre de Tvind, justifiant la 'lutte' des Khmers Rouges.
(13) Selon certaines sources, ce projet révolutionnaire impliquait des entrainements paramilitaires ou même terroristes. Aujourd'hui, la plupart des observateurs remet cette hypothèse en question.
(14) C'est bien vers "Den resjende Hojskole" ou "université itinérante" de Tvind à Fakse ou Juelsminde que des candidats-travailleurs de solidarité sont envoyés pour une formation de 6 mois, y compris à travers Humana-Belgique.
(15) On nous cite le montant de 42.000 DK ou 220.000 FB, probablement par an.
L'état danois de son côté contribuait également pour environ 200.000 FB par élève et par an.
Ces subventions ont été arrêtée en 1996 après un rapport de la Cour des Comptes et 70 mio de FB devraient être remboursés.
Le Parlement votait une loi (Lex Tvind) qui empêchait les écoles à réclamer des subsides, sauf si elles étaient gérées par les pouvoirs communaux.
Un appel est toujours en cours.
(16) Ce groupe compterait actuellement 5 à 600 personnes. Le nombre total de professeurs qui enseignent dans Tvind est supérieur.
Ceux qui n'adhèrent pas au Groupe sont néanmoins proches de son idéologie.
(17) Jusqu'en 1978, le contribuable danois pouvait déduire jusqu'à 80% de ses impôts pour des dons versés à des organisations humanitaires. Tvind se servait de ce système de manière systématique et centralisée pour le compte des professeurs.
Une loi de 1978 rammenait ce pourcentage à 15%.
(18) Les actifs des Fondations (terrains, immeubles et autres) sont estimés à 1,8 milliards de FB en 1994.
La Cour des Comptes danoise (rapport du 7.05.96) donne les détails suivants : Faelleseje 266 mio DK (1,5 milliards de FB), Estate 80,3 mio DK, Thomas Brocklebank 7 mio DK et Lovdal A/S 6,2 mio DK (environ 500 mio de FB pour ces trois derniers), soit un total de 1,9 milliards de FB. Ces avoirs ne sont que la partie détectable de la richesse du groupe, qui, selon son ancien financier Henning Bjornlund, se chiffre en milliards de DK.
(19) Un calcul approximatif donne un ordre de grandeur de 300 millions de FB par an, rien que pour les salaires des profs.
(20) Des grèves ont éclaté à St-Lucia en 1986. Mais, pas de chance, DAPP avait de bonnes relations avec les autorités...
(21) Il n'est pas difficile d'obtenir d'Humana des dizaines de copies de 'reçus' nominatifs (de la part des ouvriers) pour cette sorte de paternalisme
caritatif.
(22) Le nombre de gens qui ont quitté les lieux clandestinement et sans passe-port, est
significatif. Même la mort d'un parent ou une crise rénale ne suffissaient pas toujours à donner la permission au départ.
(23) Pour cette raison, la CEE avait arrêté le co-financement des 'projets de développement' de DAPP en 1987.
(24) Une même Boîte Postale 103 à Bodden Town, Grand Cayman, sert d'adresse à plusieurs compagnies, sous la responsabilité d'un petit cercle restreint de personnes physiques.
(25) Des dons de la part de Humana-Belgique aux projets en Angola et au Mozambique transitent par la même banque danoise (pas par le même
compte).
(26) Probablement dans une 'free processing zone', hors taxes et sans respect de la législation sur le travail.
Signalons d'ailleurs l'existance d'une asbl "Humana New Clothes' à Bruxelles, fin des années 80.
(27) On évalue à 500 mio de FB le bénéfice net actuel de UFF/Humana en Europe, même si la plupart des Humana déclare un résultat net très faible, pour des raisions qu'on explique immédiatement.
(28) A l'adresse du siège il n'y a déjà plus de trace de cette entreprise.
(29) Voir les résultats d'une recherche approfondie de Mikkel Hertz dans Jylland Posten du 28.04.96, cité dans Psycho-Sekten.
(30) Cette fraude nous a été signalée par Movement against Tvind.
(31) Commision de Charité, instance officielle au Royaume Uni compétente pour le contrôle du statut de 'charity', oeuvre charitable, sans lequel une organisation ne peut difficilement s'adresser au public.
(32) L'UNICEF a déjà été utilisée à plusieurs reprises comme caution morale aux activités d'HPP, ce qui a amené le Bureau de Genève à demander formellement à Humana d'arrêter ces pratiques.
Les choses sont simples : HPP remet des vêtements au représentant local de l'UNICEF pour distribution, reçoit un accusée de réception pour la marchandise et utilise celle-ci pour se vanter d'une collaboration avec l'assocation.
Cette pratique s'étend à des ambassadeurs et à toute autre instance, à même à apporter une caution morale à HPP.
Leurs remarques bienveillantes se retrouvent ainsi dans des dépliants ou affichées sur des conteneurs.
(33) Textile Recycling Aid (1999).
(34) "La charte du mouvement Humana People to People", en Anglais, 52 pp. L'analyse de ce texte fondamental nous amènerait trop loin dans le cadre de ce mémo.
(35) Comme son camerade Sorensen à Mango Walk au Belize.
(36) Dans Psycho-Sekten, pg. 226.
(37) Bjornlund Henning parle à Kurt Simonsen de plusieurs milliards de couronnes danoises (dans Psycho-Sekten, pg. 256).